De Baldur’s Gate 3 à D&D : Comment passer du jeu vidéo à D&D (sans tout faire foirer)

Salut à toi !

Oui, toi, qui vient de passer 200 heures sur Baldur’s Gate 3 à fricotter avec des démons, à faire des choix moraux parfois discutables et à mourir bêtement parce que tu as oublié de sauvegarder. Maintenant que t'y as goûté, à la liberté quasi-totale, t'as qu'une envie c'est de remettre ça.

Sauf que maintenant, tu veux passer à l'expérience réelle : jouer à Donjons & Dragons autour d’une table, avec des vrais dés, des vrais potes, et des vrais "PUTAIN, J’AI ENCORE FAIT UN 1 !".

Mais prends garde, passer du jeu vidéo au JDR, c’est un peu comme passer du vélo avec les petites roues à la descente du Mont-Ventoux en VTT sans freins. On te guide pour éviter les gamelles (ou du moins, les rendre drôles). C'est parti !

Pourquoi faudrait-il que ce soit pareil ? 

Dans Baldur’s Gate 3, tu as :

  • Un monde ouvert magnifique (et des bugs qui te font traverser les murs).
  • Des combats tactiques où tu peux passer 10mn à choisir tes sorts.
  • Des dialogues écrits par des pros (et des choix qui ont l’air profonds… jusqu’à ce que tu réalises que ça change rien).

À la table, tu auras :

  • Un monde limité par l’imagination de ton MJ (et par le fait que ton pote Marc a encore oublié son dé 20).
  • Des combats chaotiques où tu ne peux pas mettre pause (et où ton mage va probablement brûler la taverne par accident).
  • Des dialogues improvisés où tu vas dire des conneries du genre « Je vais arnaquer le dragon » (et ton MJ va te faire lancer un jet de Charisme. Spoiler : barbecue en vue).

 

Le truc à comprendre : Baldur’s Gate 3, c’est du D&D avec du scénar en or et des graphismes de ouf. À la table, c’est du D&D avec des des cénras qui partent en vrille et des dessins sur un bout de papier. Mais c’est là que la magie opère.

Comment trouver des joueurs ? (sans qu’ils ne soient trop chelous)

Dans BG3, tes compagnons sont bien écrits, beaux, et ils ne râlent pas quand tu fais n’importe quoi. Dans la vraie vie, tes potes vont :

  • Oublier les règles (« Un d20, c’est lequel déjà ? »).
  • Faire des persos complètement débiles (« Je joue un Barbare Elfe qui adore les Orcs »).
  • Passer la moitié de la session à discuter de qui va chercher les pizzas.

 Comment survivre ?

  • Joue avec des gens patients (ou au moins, qui ne t’en veulent pas quand tu fais un 1).
  • Trouve un MJ qui assume le bordel ambiant (celui qui va dire « OK, tu veux lancer le Halfling assassin invisible sur l’archi-liche… vas-y fais ton jet de dé » ).
  • Prépare-toi à des sessions où on passe 1h à créer les persos et 20 minutes à jouer. En vrai, parfois tous les persos meurent écrasés par un Géant. Faut bien recommencer…

 

Astuce : Si tu veux garder un peu l’esprit BG3, tu peux essayer de jouer en ligne avec des outils comme Roll20 ou Foundry. Comme ça, tu gardes les graphismes (enfin, presque) et tu évites que ton pote Pierre te choures ton dé 20. Mais bon, c’est pas pareil.

Comment créer un perso aux p’tits oignons ?

(mais oublie Astarion et Shadowheart)

Dans BG3, tes persos sont déjà tout faits, équilibrés, et ils ont des arcs narratifs profonds. Dans la vraie vie, tu vas avoir :

  • Un guerrier qui veut « faire un truc cool » (et qui finit par charger un dragon seul).
  • Un mage qui oublie tous ses sorts (« Attends, je peux lancer Boule de Feu ? Non ? Bon, je frappe avec mon bâton. »).
  • Un roublard qui vole le matos des autres PJs parce que c’est tout ce qu’il sait faire (« T’as vu ma potion de soin ? – Euh, non. – Celle qui est dans mon équipement , je l’ai trouvée, elle est à moi… »).

 

Comment faire un perso qui déchire (sans tout casser) ?

  • Inspire-toi de BG3, mais simplifie : Tu kiffes Astarion ? Fais un elfe arrogant qui insulte tout le monde (un elfe, quoi….) Tu aimes Shadowheart ? Fais une clerc un poil psycho-rigide qui doute de sa foi (et qui n’abuse pas que des potions de soin).
  • Donne-lui un défaut marrant : « Mon perso a une passion pour la généalogie goblinoïde, dès qu’il tue un gobelin, il se demande si ce n’est pas un lointain cousin d’un autre gobelin qu’il a tué la veille, ou la semaine dernière » / « Il est convaincu que les champignons ont un langage différent selon leur goût (oui, c’est un druide) et fait tout pour l’apprendre en les machouillant » / « Il porte une super armure… mais il a oublié la notice et a bien du mal à l’enlever ».
  • Évite les builds trop compliqués : Un half-elf rogue/warlock avec 15 compétences, c’est cool… mais tu vas passer 3h à chercher dans le manuel. Commence avec un barbare qui tape fort ou un mage qui lance des Boules de Feu (et qui crâme les fonds de culotte de ses pôtes).

 

Exemple de perso facile :

« Grod le Pouilleux » – Un nain barbare qui sent un peu fort (à cause d’une malédiction et d’un manque criant d’hygiène) et qui donc a toujours un désavantage sur ses jets de Charisme . Son truc ? Il compense en trimbalant un bouc partout avec lui (-« c’est lui qui sent, c’est pas MOI ! »).

Sinon, je t’invite à compulser ces 2 incroyables articles :

 

Comment s’en sortir avec les règles ? (sans se prendre la tête)

Dans BG3, les règles sont cachées derrière des menus. À la table, elles sont dans un bouquin de 300 pages écrit en petit. Ne panique pas :

  • Tu n’as pas besoin de tout savoir : Ton MJ est là pour ça. Toi, retiens juste :
    • Un d20, c’est pour les actions (plus c’est haut, mieux c’est).
    • Un d6/d8/d10, c’est pour les dégâts (ou pour savoir combien de bières tu peux boire avant de t’endormir).
    • Un « jet de sauvegarde », c’est pour éviter les trucs chiants (comme se faire transformer en crapaud).
  • Les règles, c’est comme les recettes de cuisine : Tu peux les adapter. « On n’a pas de dé 12 ? On utilise un dé 6 et on multiplie par 2 ! » (Spoiler : ça va pas plaire au MJ).

 

À éviter : Les débats sans fin sur les règles. Si t’es pas sûr, lance le dé et improvise (et inversement).

Comment faire face au chaos inévitable ? (et s’en faire un allié)

Dans BG3, tout est calculé, équilibré, et beau. À la table, c’est le bordel organisé. Voici ce qui t’attend :

  • Des combats où tout le monde parle en même temps (« J’ATTAQUE ! – Non, attends, je lance un sort ! – Moi je fuis ! – On a l’init, hein ? »).
  • Des décisions absurdes (« On négocie avec le la Baba Yaga ? – Oui, on lui offre une nuit avec le Paladin. »).
  • Des morts stupides (« ya un cristal lumineux enveloppé d’une aura chaotique qui suppure le Mal, tu fais quoi ? – Je le prends et je le mets dans ma poche. – Okkkk, Tes compagnons te voient te réduire en poussière. – Ah. – Oui, c’est ça t’as juste le temps de dire Ah. »).

 

Comment survivre ?

  • Lâche prise : Si ton perso meurt parce qu’il a voulu « faire le malin », ce sera toujours une bonne blague à raconter.
  • Rigole des échecs : Un 1 sur un jet de Charisme quand t’essaye de convaincre un puissant prêtre de ramener à la vie un de tes compagnons  ? « Il te rit au nez et te propose un rencard avec son cousin (un nécromancien). » spoiler : c’est le début d’une nouvelle aventure…
  • Crée des souvenirs : Les meilleures sessions, c’est celles où tout part en sucette… mais où tout le monde en rit encore.

 

Exemple de session chaotique :

« Les PJs doivent sauver un village d’un ogre. Résultat : ils finissent par adopter l’ogre (qui s’appelle Jean-Kévin) et d’en faire leur mascotte, brûlent la taverne par accident et se font engager comme gardiens de chèvres. Le MJ pleure de rire. Tout le monde reprend une tournée. »

Où trouver un MJ qui gère ? (eh ben, just do it !)

Le MJ, c’est le game master, le narrateur, le dieu tout-puissant… et souvent le bouc émissaire. Dans BG3, c’est l’ordinateur qui gère tout. À la table, c’est un humain qui doit improviser quand tu sors des conneries.

Comment reconnaître un bon MJ ?

  • Il dit « oui » à tes idées les plus folles (« Tu veux faire une partie de bras de fer le roi des Orcs ? OK, c’est parti. »).
  • Il invente des règles au fur et à mesure (« Ton Druide a une allergie aux orchidées noires ? Manque de bol, le donjon en est rempli. »).
  • Il ne prend pas tout au sérieux (« Le Chien des enfers te mange ? Non, il te recrache : t’as le goût du désespoir et de la bière avariée. »).

 

Tu veux être MJ ?

Voici comment commencer :

  • Utilise un scénario tout fait (comme Lost Mine of Phandelver).
  • Improvise : Les joueurs veulent aller à gauche alors que tu as préparé la droite ? « Vous tombez sur un marchand de chaussettes magiques. Il s’appelle Gérard. »
  • Steal like an artist : Pique des idées dans BG3 (le combat contre les absolus ? Fais un méchant qui veut « ripoliner » le monde, mais il est juste pas à la hauteur).

 

Quelle est la méthode pour garder l’esprit de BG3 ? (spoiler : garde le meilleur)

Ce que tu aimes dans BG3, tu peux le retrouver à la table, mais en version artisanale :

  • Les choix moraux ? → Fais des dilemmes absurdes : « Vous sauvez le village… ou la succube qui vient de voler les dessous du barde ? »
  • Les combats tactiques ? → Utilise un plateau et des figurines (ou des bouts de papier avec des crobards douteux).
  • Les romances ? → Laisse tes potes draguer des PNJ (on attend tous le jet de Charisme et un jet de sauvegarde de Constitution, oups, c’était la succube).

 

Astuce : Si tu veux rejouer une scène de BG3, fais-le ! Mais prépare-toi à ce que ça parte en cacahouète :

« Vous voulez affronter l’avtar de Myrkul ? OK… mais là comme il est occupé ailleurs, il envoie juste son boys band de nécromanciens. »

 

En résumé : comment passer de BG3 à D&D sans tout casser ni tout caser

Allez, on te souhaite une bonne première expérience de JDR bien fun et au minimum pas trop désastreuse.

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